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Un hommage à MARIE-CLAIRE qui nous a quitté trop tôt...

MARIE-CLAIRE, AD LUMINEM
Rien, absolument rien, ne saurait légitimer la mort. Elle constitue, en soi, un scandale, un inconcevable.
Seule la parole de Saint Ex, si souvent citée, jette une frêle passerelle au dessus d’un tel abîme : « On ne voit bien qu’avec le cœur. L’essentiel est invisible pour les yeux. »
Reste, pourtant, le regard de la mémoire. En songeant à celle qui vient de nous quitter, Claire Blain, la sœur tant aimée de Jean-Pierre Terracol, ce sont des images vives qui surgissent jusqu’à nous : son sourire, son regard empreint de tendresse, de bonté, son élan si spontané, son enthousiasme communicatif.
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Comédienne de très grand talent, Claire – que l’on appelait plus volontiers entre nous, Marie-Claire - appartenait, aux côtés de Jean-Pierre, à la toute initiale équipe fondatrice de l’Œil- la Lucarne, voici une quarantaine d’années déjà. La passion du Théâtre qui l’habitait était, aussi, tendresse et respect envers les autres - tous les autres : compagnons de scène comme spectateurs. Certes, ce qu’elle donnait, c’était, avant tout, elle-même. Mais toute entière, sans partage. Cœur et âme.
« Le rêve est une seconde vie » disait Nerval. Toutefois, pour ceux-là qui s’y consacrent ainsi, il peut devenir, à condition de la communiquer avec conviction, la vraie vie elle-même. Non pas un personnage imaginaire que l’on joue, serait-ce avec conscience, mais bel et bien, un être second que l’on s’attache à incarner, auquel on donne vie. Et, de ce fait, une vérité intense se trouve apportée à une œuvre, à un public, à un songe plus réel, bien souvent, que la grise réalité quotidienne. Et cela au point d’en oublier ou faire oublier, pendant la rémission d’un soir, ses propres chagrins, ses maux, ses infortunes.
Une telle générosité, Marie-Claire ne l’improvisait certes pas : elle la faisait remonter de sa personne. De sa nature aimante.
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Le théâtre représente, d’abord, une exaltation de soi-même. Marie-Claire, sans même s’en douter, la transmutait en véritable communion.
Et cela, pour elle, sera resté constant jusqu’à au terme absolu de sa trop brève existence : la veille encore de la maladie brutale qui devait l’importer, Marie-Claire répétait avec ardeur ce qui devait rester son tout dernier rôle.
Aussi, nul « baisser de rideau » ne saurait interrompre son élan. Elle demeurera en dépit des crucifiantes apparences, à tout jamais, des nôtres.

Marie-Claire… Ô, toi, la bien-nommée. La bien aimée aussi. Que ta clarté persiste à nous accompagner sur ce versant, souvent si ténébreux, du monde.


Michel Suffran
Remerciements à Elisabeth Sastre, metteur en scène de talent et amie de jeunesse de Marie-Claire.

 

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